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Michel BASQUIN
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Michel BASQUIN

Michel BASQUIN

Nous sommes en Bourgogne dans les années 1970.
Une bande de copains dijonnais décident de monter plusieurs spectacles.
Rien d’extraordinaire à priori.

Mais cette histoire me concerne puisque c’est celle de mon père, Michel BASQUIN.

Je me souviens.
Il apprécie particulièrement le monde du spectacle.
Son numéro de clown a une réputation régionale. Il se produit avec différents partenaires.

Lui est l’Auguste, les partenaires Jean-Pierre Langagne puis Henri Amidieu tiennent le rôle de Clowns Blancs. Ils sont dignes et sérieux, enfin presque !

Rapidement, il s’associe avec différents artistes de la région Bourgogne :

  • Hubert TIVOYON dit Talam le Magicien (Lien internet ici)
  • BÉNATAN le Culturiste
  • Jean Michel BASQUIN, mon grand frère qui présente un numéro d’apparition de colombes.
  • Et plusieurs autres, dont les noms ne me reviennent pas encore

Ensuite, il organise des spectacles plus conséquents avec succès, en ajoutant les majorettes de Chenôve, des jongleurs, des imitateurs, des magiciens …

Michel devient alors présentateur vedette avec plusieurs cordes à son arc : imitations, prestidigitation, histoires drôles …
Lors des spectacles d’Arbres de Noël son groupe s’appelle Les LILLOS, un clin d’œil à sa ville natale Lille.

Tous ces souvenirs sont enfouis dans mon inconscient et au plus profond de ma mémoire d’enfant, car j’ai malheureusement très peu connu mon père. Mes parents se sont séparés et il nous a quittés prématurément.

Une petite histoire dans l'histoire ...

Un jour, un hasard imprévu a permis à tous mes souvenirs de ressurgir et à se compléter avec certaines pièces du puzzle.

C’est une belle histoire que je vais vous raconter maintenant.

En 2016, je suis installé dans le Finistère depuis plus de 20 ans, loin de ma Bourgogne lorsque je rencontre lors d’une conférence à Lorient un autre bourguignon.

Après quelques phrases rituelles, Pierre GUEDIN (Voir cet article), 68 ans, m’apprends qu’il vient de la région de Dijon et a pris sa retraite dans le Morbihan. Sans réfléchir je lui demande s’il a connu Michel Basquin mon père. J’apprends alors que lui et mon père ont fait des spectacles ensemble et qu’ils étaient amis. Il me raconte que lui et sa femme l’accompagnaient lors de ces tournées.

Personnellement, je ne me souvenais pas de ce couple qui était venu pourtant plusieurs fois dîner à la maison.

C’est donc trente ans plus tard que je le rencontre par le plus grand des hasards lors d’une soirée dédiée à la magie….

En discutant j’apprends qu’il est médecin et passionné de prestidigitation et qu’il connaissait très bien Michel mon père !

Il a même conservé des contrats de travail sur lesquels Pierre, Dorothée (sa femme) et Michel sont embauchés. Sur celui qu’il m’a remis par la suite le tarif était 700 francs pour un spectacle d’Arbre de Noël …

Il parvient alors à rassembler quelques souvenirs partagés avec mon Papa

C’est Pierre qui parle :

« Tout d’abord parlons de son spectacle :
Il s’était inspiré des facéties des clowns Bario (Lien internet ici), une famille d’artistes italiens qui passaient régulièrement à la télévision française dans les années 70/80.
Michel n’était pas musicien, il présentait des instruments accessibles comme les clochettes musicales, ou jouait un morceau basique avec un Mélodica. A la fin du spectacle imagine- le avec une grosse caisse (une cocotte-minute je crois) au son de tin tin tin …tin tin comme celle des fins de spectacle de cirque et il provoquait des applaudissements nourris. Il était bruiteur et imitait parfaitement le bruit du scieur de bois et de la locomotive avec son micro. Il cassait plein d’assiettes et faisait le coup de la balle réceptionnée dans la bouche puis la crachait dans l’assiette qui se cassait à son tour.

Il avait un grand succès. Particulièrement au cours de son dernier spectacle à Talant avec Talam, car il bégayait en raison d’un AVC. La salle était écroulée de rire. A la fin du spectacle Talam m’a appelé au téléphone pour un conseil médical. Je lui ai dit d’emmener Michel illico presto à l’Hôpital Général de Dijon. Après des examens et malgré des soins adaptés il y décèdera d’un accident vasculaire cérébral (AVC).

– Une de ses blagues : « Quelle est la différence entre une salade une panthère et une belle mère ? La salade est t’achetée au marché, la panthère est tachetée sur le dos et la belle-mère est t’à jeter par la fenêtre ! ».

Les spectacles lui apportaient un grand bonheur de voir les enfants morts de rire lorsqu’il imitait Garcimore à la perfection. (Et Albert Simon : Lien internet ici, NDLR)

Mais le côté positif du spectacle avait un côté négatif en faisant monter le stress et sa tension. Nous l’avions tous mis en garde pour qu’il se repose … mais rien n’y faisait. La passion était la plus forte.

Dans la vie courante Michel était humain et bienveillant pour tous ses amis. Lorsqu’il nous recevait il mettait les petits plats dans les grands (nous mettions huit jours à nous remettre sur le plan digestif).

Un jour Dorothée et moi avons fait Dijon Sens par temps de brouillard dans son aronde. Nous étions jeunes (18 ans environ) et étions montés derrière comme des amoureux pour être à côté l’un de l’autre. Régulièrement Michel se retournait complètement pour nous parler et il roulait complètement à gauche. Nous étions terrorisés.

Dorothée et moi gardons un souvenir ému de Michel

Tu as hérité de son sourire et de sa bienveillance ».

C’est donc Pierre qui m’a appris les détails du décès de mon père, suite au malaise survenu brutalement lors de son dernier spectacle.

Quelle belle rencontre … trente ans après !

Film tourné en camera super 8 d’un arbre de Noël.
Date, auteur et lieu inconnu.

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